Fédération PCF 47 du Lot-et-Garonne

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Discours d'introduction lors de la soirée débat " pourquoi faut-il exiger un service public ferroviaire ? "

Bonjour à toutes et à tous.

Cher camarade,

Je tiens tout d’abord à vous remercier pour avoir répondu, massivement, à l’invitation des jeunes communistes du Lot et Garonne.

Alors que l’année 2014 aura été marquée par la casse de l’unité territoriale de la France, par la remise en cause du service public ferroviaire, par une baisse substantielle des dépenses publiques mettant gravement en péril l’avenir des régions comme des départements, le gouvernement de François Hollande entend, avec son projet de loi « Macron », maintenir son cap austéritaire.

L’an dernier au mois de juin, les cheminots se sont mobilisés par la grève (faute d’avoir été entendus dans le cadre du dialogue social) contre le contenu de la réforme du ferroviaire proposée par le Gouvernement et écrite  par guillaume Pépy.

 

Pour les cheminots, ce projet entérinait l’éclatement  de la SNCF en trois EPIC, n’apportait aucune réponse concernant le financement du système ferroviaire et le traitement de sa dette (issue pour l’essentiel au développement des LGV)  et ne réglait donc aucunement les disfonctionnements quotidiens vécus par les usagers et les cheminots.

 

Les cheminots défendaient alors la nécessité d’une réforme porteuse de développement du service public. La CGT a même présenté un projet alternatif, global, financé et « eurocompatible ».

 

Au cœur de ce projet se trouvait des propositions pour une desserte équilibrée du territoire en ne laissant aucun citoyen et aucune région sur le bord de la voie.

 

Mais gouvernement, Directions, et grands médias ont préféré fustiger les grévistes et chercher à les opposer aux usagers.

 

Mais comme le disait Lénine « les faits sont têtus ».

En effet, à peine six mois après le vote de la loi, en ce début d’année 2015, les décisions prises en matière de politique de transport par le gouvernement comme par la direction de la SNCF, enfin par le groupe public ferroviaire qui est composé de trois EPIC, sont de nature à interpeller l’ensemble des cheminots et confirment à quel point les cheminots avaient raison de combattre cette réforme du système ferroviaire.

 

Le service public ferroviaire est la cible de violentes attaques. Gouvernement et Direction de l’entreprise sont face à une équation financière inextricable dans laquelle ils ont eux-mêmes placé le système ferroviaire public.

 

 

Après l’ouverture à la concurrence du trafic marchandise (FRET) qui s’est traduite par un report modal du rail vers la route (55 milliards de tonnes par Km au début des années 2000 à moins de 20 milliards en 2014), l’accord national interprofessionnel de janvier 2013 (ANI), la réforme ferroviaire de 2014, la loi « Macron » porte un nouveau mauvais coup aux droits des salarié(e)s et vise à casser un peu plus le Service public ferroviaire. Celui-ci, déjà mis à mal par des réformes successives -dont chacune a fait preuve de sa nocivité- et par la réduction du nombre de cheminots, sera encore affaibli par la libéralisation du service par car.

Le département du Lot et Garonne, comme d’autres départements sur notre territoire, subit déjà les premiers effets nocifs de la réforme ferroviaire de 2014. Avec le projet de loi Macron, qui prône entre autre le transfert du flux voyageurs du rail vers la route, on assiste à la deuxième étape de la destruction du service public ferroviaire.

Les conséquences sont dramatiques tant au niveau des conditions de travail des cheminots que des conditions  de circulation pour les usagers.

Pour les cheminots, cela se traduit par plus de 2 000 suppressions d’emplois en 2015, le gel des salaires, l’augmentation de la sous-traitance et de la productivité.

Pour les usagers cela se traduit par une augmentation des tarifs de 2,6%, une multiplication des fermetures de lignes, des gares, des guichets ou une réduction drastique des heures d’ouvertures. Ils suppriment les ASCT à bord des trains.

Cette liste, pourtant loin d’être exhaustive, témoigne du degré de violence que subissent les cheminots au quotidien. Les usagers eux aussi sont impactés. Cars sous couvert de rentabilité financière,  on rogne sur la sécurité. Les accidents de Brétigny en 2013 et Denguin en 2014 non-t-ils pas servi de leçon ? ? Il faut croire que non.

La loi Macron « pour la croissance et l’activité » intègre, parmi les nombreux sujets traités, la libéralisation des dessertes par autocar en donnant «la possibilité, pour les entreprises de transport public routier de personnes, d’assurer –à leur initiative- toute desserte interurbaine ». Ce qui permettrait aux grands groupes de transport, dont la SNCF, avec sa filiale ID Bus, d’ouvrir librement des lignes de transports collectifs réguliers non urbains par autocar, en concurrence avec des services existants, qu’il s’agisse des TER, des TET ou des TGV.

 

C’est un non-sens pour la sécurité et la qualité du service rendu. Vous conviendrez que mettre plus de bus sur les routes après avoir mis plus de camions suite à la casse du fret ferroviaire ne va pas dans le sens de la sécurité routière ! C’est aussi contraire à l’exigence de développement des modes alternatifs à la route.

 

Un projet qui ne doit rien au hasard. Il accompagne les injonctions européennes de réduire le service public de transport ferroviaire de voyageurs en supprimant des lignes, des dessertes, au mépris de l’aménagement du territoire, aggravant ainsi la situation des petites villes, des villes moyennes, de départements déjà fortement pénalisés par la fuite en avant dans la mise en concurrence des territoires.

L’avenir des Trains d’Equilibre des Territoire (TET) est aussi posé ! En effet, la convention entre la S.N.C.F. et l’Etat arrivant à son terme en décembre 2015. Alain Vidaliés secrétaire d’état aux transports a confié à Philippe Duron, député du calvados, la présidence d’une commission “Avenir des trains d'équilibre du territoire“, avec pour mission de “clarifier les services TET" et de réfléchir à une meilleure articulation entre les TET et les TER mais, également avec "les nouvelles alternatives que représentent les autres modes de transport comme l'autocar".

 

Le secrétaire d’état, M Alain Vidalies, a d’ores et déjà annoncé que le maintien d’un haut niveau de maillage territorial serait suspendu à l’existence de financement extérieur. De son coté, s’engouffrant dans la brèche libérale ouverte par le projet de loi »Macron », la direction de la SNCF propose la substitution des circulations ferroviaires par la mise en place de bus dans le cadre des conventions TER avec les régions.

Le moment est venu d’engager un front commun pour le service public, pour l’aménagement du territoire, pour la sauvegarde de l’environnement. Seule une riposte d’ampleur permettra de faire plier les tenants d’un libéralisme toujours plus dangereux pour le système ferroviaires public que nous défendons. Refusons de combler les désidératas des actionnaires et comblons les souhaits des usagers comme des cheminots.

Lutter pour un service public ferroviaire c’est lutter pour défendre un maillage territorial qui répond non pas à des intérêts financiers mais à des intérêts humains. Lutter pour un service public ferroviaire c’est lutter pour un mode de transport où la notion de sécurité prime sur celle de rentabilité. Lutter pour un service public ferroviaire c’est œuvre en faveur de la transition écologique. Enfin lutter pour un service public ferroviaire c’est lutter contre les discriminations sociales, économiques et territoriales.

Dans l’intérêt des usagers du rail, des cheminots mais également dans celui de l’ensemble des citoyens, il est urgent de se mobiliser pour le maintien du service public ferroviaire, dans tous les aspects qu’il représente, au cœur de notre région.

C'est dans cette démarche de combat et d'information que s'inscrit notre initiative.

Située au cœur de la semaine de la pensée marxiste, la diffusion de ce documentaire prend tout son sens. 70 ans après la libération, nous somme aujourd’hui à un moment crucial de notre histoire. La notion de liberté ne cesse d’être dévoyée par le MEDEF et le gouvernement. Pour eux il n’y a qu’une liberté : celle d’exploiter.

Liberté de travailler le soir et le dimanche, liberté de sortir les aéroports et les barrages hydrauliques du domaine public, liberté de détruire les services publics ferroviaires et hospitaliers. Ici la liberté cache un asservissement de plus en plus poussé des salariés au patronat.

Liberté d’être précaire ou liberté de décider de son parcours de vie ? Liberté  de préserver les services publics ou liberté de libéraliser le marché du travail ?

Aujourd’hui, nous avons le choix entre le programme du MEDEF de 2015 de Pierre Gattaz ou le programme du Conseil National de la Résistance de 1945.

L’actualité récente, notamment concernant le passage en force et l’utilisation de l’article 49.3 pour faire avaliser la loi Macron démontre  l’échec du gouvernement.  Faisant fi du débat démocratique, le passage en force, opéré par Manuel Valls, témoigne de l’entêtement socialiste à céder  aux dogmes de l’austérité budgétaire afin de répondre aux injonctions de Bruxelles.

Cette loi rétrograde entérine une régression sociale indigne d’un gouvernement de gauche. Destruction des commerces de proximité au profit de grand groupe financier, marchandisation du corps humain, recul des obligations patronales en matière de licenciement économique, destruction de la justice prudhommale …

Avec cette loi libérale et liberticide, qui marque un recul sans précédent pour les droits des salariés comme pour les services publics, le gouvernement socialiste entérine son idéologie libérale.

Elu pour faire guerre au monde de la finance, François Hollande n’a eu de cesse de renier ses engagements pris devant les français.  Sa politique s’inscrit dans les pas de Gerhard Schroder, Tony Blair ou autre Margaret Thatcher. 

La concurrence sauvage que tente de nous vendre l’enfant de Rothschild n’a jamais était un moyen de lutter contre le chômage. Pire partout où elle s’exerce avec frénésie ; elle est synonyme de chômage. Tous les chiffres en attestent.

Ce chômage, comme le renoncement du gouvernement à combattre les capitalistes, entraine la montée de l’abstention comme celle de l’extrême droite.

Le gouvernement porte une responsabilité forte, historique, de ce double fléau pour la démocratie.

Mais ce passage en force marque en réalité le retour à ce qui fait la véritable question de ce quinquennat, jusqu’à quand François Hollande persistera-t-il sur cette voie d’une politique libérale, une politique qui s’exerce contre le gauche et contre le peuple ?

Cette question est d’autant plus d’actualité alors qu’en Grèce un gouvernement qui applique une réelle politique de gauche cherche des appuis pour desserrer l’étau de l’austérité.

Nombreux sont ceux, bien au-delà des rangs du PCF et du FDG, qui attendent un changement de cap en faveur de la relance et de l’emploi. Le gouvernement ne pourra indéfiniment empêcher ces convergences de s’exprimer et de se renforcer en faveur d’une alternative à gauche. Car oui,  Mr Valls, contrairement à ce que vous exprimez à longueur de journée, il existe dans ce pays une majorité alternative.

Cette situation me fait penser aux propos tenue par Georges Séguy sous le mandat de Nicolas Sarkozy : « La baisse du pouvoir d’achat des salariés et des retraités, les violations des droits du travail, la mutilation de la Sécurité sociale, la privatisation des services publics, les cadeaux faits au patronat, les faveurs fiscales accordées aux plus riches, les atteintes au droit de grève, le soutien de l’État aux restructurations des géants de la finance, de l’industrie et du commerce, la complaisance de l’Élysée envers les Etats-Unis, tout cela ne sort pas de la seule imagination de Nicolas Sarkozy. Il s’agit de la mise en œuvre d’un projet mûrement réfléchi, destiné à inclure dans la mondialisation capitaliste, et sous l’égide des Américains, une France libérée de charges sociales prétendument excessives dont l’a dotée son mouvement social. »

Nous avons changé de président mais le constat fait par l’ancien secrétaire général de la CGT reste toujours d’actualité.

Enfin permettez-moi de dire quelques mots concernant les élections départementales de mars 2015.

Comme je l’ai dit précédemment, depuis maintenant deux ans et demi, la politique d’austérité menée par François Hollande ainsi que la réduction de la dépense publique opérée sur injonction de Bruxelles, conduit le pays dans une impasse. Le département qui intervient au cœur de notre vie quotidienne n’échappe pas à cette réalité.

Les élections départementales qui se dérouleront en mars prochain doivent permettent la mise en place d’un nouvel élan progressiste. 

Face à une droite et une extrême droite qui entendent utiliser ces élections pour réinstaller des politiques d’austérités au niveau des collectivités locales, il est impératif de redonner de l’espoir à toutes celles et tous ceux qui souffrent de l’austérité  comme du libéralisme.

Pour y parvenir, il est urgent de rompre avec le dogme de la réduction de la dépense publique. Dans un département comme le nôtre, il faut partir des besoins de chacun, faire preuve d’inventivité afin d’œuvrer pour un changement de modèle de société autour de valeurs sociales, humaines et écologiques.

La question ferroviaire représente également un enjeu départemental très fort. 

Durant cette campagne électorale, les jeunes communistes agenais porteront l’exigence du maintien de la gare d’Agen en centre-ville.  Par sa position actuelle, la gare participe de façon déterminante à la dynamique agenaise. Pour nous, la priorité se situe dans des investissements massifs afin de rénover  le réseau et le matériel existant. Outre le saccage écologique, la création de cette LGV serait un gouffre financier inutile. Qui plus est quand on connait le gain de temps minime en résultant.

Les politiques d’austérité ont également un autre impact majeur. Les départements conservent en effet la charge des politiques sociales: de la protection de l’enfance à l’aide aux personnes handicapées et âgées, en passant par l’insertion des personnes en difficulté et la prévention sanitaire ... En temps de crise sociale et d’austérité, dont les effets paupérisent la population, les départements se retrouvent dans une équation financière de plus en plus impossible à résoudre

Très peu abordé par les médias, la question de la suppression de la  clause de compétence générale est une problématique très importante. Jusqu’ici cette clause permettait aux conseillers généraux d’intervenir dans tous les domaines, en fonction des particularités de chaque département. Il s’agit clairement d’une perte conséquente de pouvoir de décision à l’échelle locale, qui ne devrait pas être remise en cause à l’Assemblée nationale, puisque le Sénat, à majorité de droite, ne s’y est pas opposé.

En tant que jeunes communistes, nous sommes également très attachés au rôle que peut jouer le conseil départemental en matière jeunesse. Il doit continuer d’être un rôle de soutien et d’appui pour toutes les initiatives émanant des jeunes. Nous proposons que le futur conseil départemental mette en place une bourse d’initiatives et de projet dans les domaines économiques, social culturel ou humanitaire en direction des jeunes.

Enfin pour conclure, je terminerais par cette citation de Lénine : « Dans une société fondée sur le pouvoir de l'argent, dans une société où les masses laborieuses végètent dans la misère, tandis que quelques poignées de riches ne savent être que des parasites, il ne peut y avoir de «liberté» réelle et véritable ».

Nous l’avons exprimé lors de notre congrès, nous souhaitons être la génération révolution. Nous souhaitons être la génération qui mettra fin au capitalisme financier.

Face à l’ogre capitaliste, nous pensons qu’il est possible de changer radicalement le monde dans lequel nous vivons. 

Il ne tient donc qu’à nous d’œuvrer en faveur d’une société où le pouvoir appartient non pas aux actionnaires mais à ceux qui disposent d’une force de travail. L’année 2015 doit permettre de mettre fin à l’oppression comme à l’exploitation.

Je vous remercie de votre attention. 

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